Fabricant de crics hydrauliques à Haiyan, en Chine · depuis 1978

Comment fonctionne un cric hydraulique ?

Comment un cric hydraulique multiplie la force : le principe de Pascal avec un exemple chiffré, les pièces d’un cric bouteille et d’un cric rouleur, et ce qui se passe à chaque coup de pompe, en maintien et à la descente.

Tige chromée d’un vérin hydraulique sur une machine orange
Photo : Markus Winkler / Unsplash
En bref. Un cric hydraulique applique le principe de Pascal : la pression exercée sur l’huile d’un circuit fermé agit partout de la même façon. Un petit piston de pompe crée la pression, et un piston de levage de surface bien plus grande la transforme en une force importante. Les clapets anti-retour font circuler l’huile dans un seul sens, la valve de descente fait redescendre la charge et une valve de surcharge empêche de lever au-delà de la capacité nominale.

Tous les crics de notre catalogue, du cric bouteille de 2 tonnes au vérin d’une presse d’atelier de 50 tonnes, fonctionnent sur le même principe. Le comprendre aide à choisir le bon cric, à rédiger une notice claire et à trouver la cause quand un cric ne monte pas ou ne tient pas.

Le principe de Pascal en une minute

Dans un récipient fermé rempli de liquide, la pression est la même partout. Appuyez sur un petit piston, vous créez une pression, et cette même pression s’exerce sur chaque millimètre carré d’un piston plus grand relié au premier. Comme la force est égale à la pression multipliée par la surface :

  • pression dans l’huile : p = F₁ ÷ A₁ (force sur le piston de pompe divisée par sa surface)
  • force sur le piston de levage : F₂ = p × A₂ (la même pression multipliée par la surface du piston de levage)

La force est donc multipliée par le rapport des deux surfaces, A₂ ÷ A₁. L’huile rend la chose pratique : elle est presque incompressible, lubrifie les pièces en mouvement et assure une bonne étanchéité contre le caoutchouc.

Exemple chiffré : comment 20 kg d’effort soulèvent 3 tonnes

Les valeurs illustrent le principe ; ce ne sont pas les cotes d’un modèle précis.

Étape Valeur
Piston de pompe Ø 10 mm, surface 78,5 mm²
Piston de levage Ø 40 mm, surface 1 257 mm²
Rapport des surfaces 16 : 1
Démultiplication du levier 10 : 1
Votre main sur le levier 200 N (environ 20 kg)
Force sur le piston de pompe 2 000 N
Pression de l’huile 2 000 ÷ 78,5 ≈ 25,5 N/mm² = 25,5 MPa (255 bar)
Force sur le piston de levage 25,5 × 1 257 ≈ 32 000 N, environ 3,3 tonnes

Rien n’est gratuit : ce que l’on gagne en force, on le paie en course. Avec un rapport de 16 : 1, une course de pompe de 20 mm fait monter le piston de 1,25 mm ; pour 100 mm de levée, il faut environ 80 coups de pompe. Ce compromis explique la plupart des différences entre les modèles. Le cric rouleur couvre la course grâce à son bras de levage et à une seconde pompe ; le cric bouteille utilise sa vis de rallonge pour ne pas perdre de coups de pompe à combler un vide.

Les pièces d’un cric hydraulique

Pièce Rôle Ce qui tombe en panne
Réservoir Contient l’huile sans pression Niveau bas : la pompe aspire de l’air
Piston de pompe et son alésage Actionné par le levier, il envoie l’huile vers le cylindre principal Joint usé : levier spongieux, levée faible
Clapet d’aspiration Laisse passer l’huile du réservoir vers la pompe quand le levier remonte Saleté sous la bille : les coups de pompe sont sans effet
Clapet de refoulement Laisse l’huile sous pression entrer dans le cylindre principal, sans retour Siège qui fuit : le cric redescend entre deux coups
Cylindre principal et piston de levage L’huile pousse le piston, qui porte la charge Chrome rayé ou joint usé : redescend, fuit
Valve de descente Pointeau ou bille qui renvoie l’huile au réservoir Saleté sur le siège : le cric redescend sous charge
Valve de surcharge S’ouvre juste au-dessus de la charge nominale L’utilisateur ne doit jamais la régler
Butée de course Arrête le piston en extension maximale Empêche le piston de sortir
Vis de rallonge (cric bouteille) Partie filetée en tête de piston qui comble l’écart jusqu’à la charge Sortie sous charge, elle abîme le filetage

Ce qui se passe à chaque coup de pompe

  1. Levier qui remonte (aspiration). Le piston de pompe monte. Le clapet de refoulement reste fermé sous la pression qui règne sous le piston de levage, le clapet d’aspiration s’ouvre et l’huile passe du réservoir à la chambre de pompe.
  2. Levier qui descend (refoulement). Le piston de pompe descend. Le clapet d’aspiration se ferme, celui de refoulement s’ouvre et l’huile est envoyée sous le piston de levage, qui monte du volume pompé divisé par sa surface.
  3. Maintien. Entre deux coups et quand vous arrêtez de pomper, les deux clapets et la valve de descente sont fermés. L’huile sous le piston est emprisonnée, la charge reste en l’air.
  4. Descente. En tournant la valve de descente dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, on ouvre un retour vers le réservoir. Le poids repousse l’huile ; une petite ouverture fait descendre lentement, une grande ouverture rapidement.
  5. Surcharge. Si l’on tente de lever plus que la capacité, la pression atteint le tarage de la valve de surcharge, qui s’ouvre ; les coups de pompe suivants ne font que faire circuler l’huile. La norme européenne EN 1494 comme la norme nord-américaine ASME PASE traitent de cette protection.

Comment fonctionne un cric bouteille

Dans le cric bouteille, le réservoir entoure le cylindre principal comme les parois d’une bouteille, la pompe est placée à côté et le piston monte à la verticale. Comme la force va droit dans le piston, un cric bouteille est très puissant pour sa taille : notre modèle de 20 tonnes de la série T204 pèse 10 kg.

Sa limite, c’est la course. Le piston ne sort que de la longueur du cylindre, c’est pourquoi les crics bouteille ont :

  • une vis de rallonge en tête de piston (60 mm sur le T204 de 20 tonnes) pour atteindre le point de levage avant de pomper ;
  • en option, un piston télescopique à double étage pour lever plus haut à partir d’une hauteur de départ comparable : notre modèle double étage de 20 tonnes lève de 285 mm en hydraulique, contre 145 mm pour le modèle simple étage.

Un cric bouteille classique ne fonctionne que debout, car la pompe aspire l’huile au fond du réservoir.

Comment fonctionne un cric rouleur

Le cric rouleur couche un bloc hydraulique comparable dans un châssis bas en acier ou en aluminium. Le piston pousse un court levier à la base d’un long bras de levage, et la sellette au bout du bras parcourt une distance bien plus grande que le piston lui-même. C’est ainsi que notre modèle d’atelier de 3 tonnes passe de 135 à 495 mm, une plage bien plus large que celle d’un cric bouteille de même capacité.

Cette géométrie a deux conséquences :

  • La sellette monte en décrivant un arc, si bien que le cric roule un peu sur ses roues pendant la levée. C’est voulu : ne bloquez jamais les roues d’un cric rouleur pendant qu’il lève.
  • Les crics à double pompe (montée rapide) ont un second piston, plus gros, qui déplace davantage d’huile à chaque coup jusqu’à ce que la sellette touche le véhicule. Sous charge, le petit piston prend le relais. On gagne des coups de pompe, pas de la capacité.

Sur la plupart des crics rouleurs, la valve de descente s’ouvre et se ferme en tournant le levier : personne n’a besoin de passer la main sous le véhicule.

Les crics oléopneumatiques

Les crics oléopneumatiques conservent le même circuit hydraulique et entraînent la pompe par un moteur pneumatique, à la place du levier ou en plus. L’air du compresseur fait tourner une petite pompe rapide ; nos crics bouteille pneumatiques fonctionnent sous 8 à 12 bar et gardent une pompe manuelle de secours. On les trouve partout où l’on lève des essieux lourds toute la journée : centres pneus poids lourds, dépôts d’autocars et flottes.

Pourquoi un cric ne remplace pas une chandelle

Chaque joint et chaque siège de clapet du cric retient de l’huile sous forte pression. Une saleté sur la valve de descente, un peu d’air ou un joint de piston usé suffisent à laisser redescendre la charge, et un effort latéral ou un choc peuvent endommager le cric. La norme européenne EN 1494 n’autorise le travail sous une charge levée que si elle est calée par d’autres moyens, et toutes les notices disent la même chose : le cric lève, les chandelles maintiennent. Où les placer, c’est expliqué dans notre guide des chandelles.

Ce que cela change à l’achat

La physique est la même dans tous les crics. Ce qui distingue un cric qui dure d’un cric qui revient en garantie, ce sont les détails :

  • une valve de surcharge réglée et plombée en usine ;
  • un piston chromé dans un cylindre rodé, pour que les joints glissent sur une surface lisse ;
  • des joints conçus pour la haute pression, avec des kits de joints disponibles pour l’entretien ;
  • une référence d’huile indiquée et un remplissage propre (voir notre guide de l’huile pour cric) ;
  • un essai de pression sur chaque unité avant l’emballage.

Ces points figurent sur notre propre fiche d’essai. Retrouvez-les sur nos crics bouteille, nos crics rouleurs et nos crics oléopneumatiques (en anglais).

Bureau technique JackMaker · Équipe technique de l’usine

Questions fréquentes

Sur quel principe repose un cric hydraulique ?

Sur le principe de Pascal : une pression exercée sur un liquide confiné se transmet intégralement dans toutes les directions. Comme le piston de levage a une surface bien plus grande que le piston de pompe, la même pression y produit une force bien plus grande.

Pourquoi faut-il pomper autant ?

La force est multipliée, la course est divisée. Si le piston de levage a une surface 16 fois plus grande que le piston de pompe, il ne monte que de 1/16 de la course de pompe. Le cric rouleur compense avec son bras de levage et une seconde pompe ; le cric bouteille, avec sa vis de rallonge.

À quoi sert la valve de descente ?

Elle ouvre un passage du cylindre vers le réservoir. En la tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, le poids de la charge repousse l’huile et le piston descend ; plus on ouvre, plus il descend vite. Refermée dans le sens des aiguilles d’une montre, elle emprisonne de nouveau l’huile.

À quoi sert la valve de surcharge ?

C’est une soupape de sécurité à ressort, réglée en usine pour s’ouvrir juste au-dessus de la charge nominale. Lorsqu’elle s’ouvre, les coups de pompe ne font que faire circuler l’huile : on ne peut pas forcer le cric au-delà de sa capacité. L’utilisateur ne doit jamais la régler.

Pourquoi un cric hydraulique redescend-il lentement ?

L’huile repasse par un joint ou un siège de clapet : le plus souvent une saleté sur la valve de descente, un joint de piston usé ou de l’air dans le circuit. Même un cric en bon état est conçu pour lever, pas pour tenir une charge des heures durant ; c’est pourquoi on pose le véhicule sur chandelles.

Peut-on utiliser un cric bouteille couché ?

Seulement s’il est conçu pour cela. Dans un cric bouteille classique, la pompe aspire l’huile au fond du réservoir ; couché, il aspire de l’air et ne monte plus.

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